4 Mai

Les îles du salut -1-

« ils ont mis l’enfer au paradis », disait le journaliste Albert Londres à propos des îles du salut. Et bien c’est vrai! En y allant, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, si ce n’est les ruines d’un bagne lourdes de ces passés de forçats qui ont vécus et sont mort ici. On se dit qu’il faut être respectueux, honorer la mémoire de ces évènements et rester humble… Sauf que vraiment, aujourd’hui, c’est le paradis! Trois jours aux îles du salut, c’est trois jours dans un paradis tranquille dans lequel les souvenirs du bagnes sont bien loin et relégués au plan d’anecdotes… Même l’agencement des bâtiments est agréable, puisqu’il n’y a aucun mur d’enceinte sur cette île, si ce n’est ceux de la citadelle qui en fait avait pour rôle de protéger les surveillants et leurs familles et non pas d’enfermer les prisonniers… Les animaux, évoluant sur une terre qui n’a plus vu un chasseur depuis bien longtemps, n’ont pas la moindre peur de l’homme et se mêlent à lui sans inquiétudes. Les agoutis se dandinent partout en se goinfrant de tout ce qui passe tandis que les aras aiguisent leurs becs sur les murets de pierre entourant la mare d’Albert, le caïman noir. De leurs côtés les capucins défendent leur territoire, nullement intimidés par l’homme, aux dépends des petits saïmiris, autre habitant paisible de l’île. Au niveau de la piscine des bagnards où le visiteur vient se baigner, les tortues montrent régulièrement le bout de leur nez  pour prendre une inspiration avant de replonger quelques minutes. Qu’il pleuve où qu’il fasse beau, il fait toujours chaud et l’endroit reste magnifique. Un vrai paradis, on vous dit! Je n’ai pas été très assidu et cela fait maintenant un bout de temps que notre séjour est passé, pour autant je vais essayer de retranscrire au mieux notre découverte de cette île formidable qu’est l’île royale!

L'île royale

 

 

La traversée pour l’île royale a pour réputation de faire rendre jusqu’à l’estomac les malheureux passagers, qui regrettent alors de ne pas s’être contenté de regarder les îles du salut depuis le rivage. Force est de constater que la mer « rarement aussi calme » est quand même pas mal démontée aujourd’hui! Le bateau file a travers des vagues plus hautes que sa coque, monte pour ensuite s’écraser derrière les vagues, remonte avant de rechuter dans des gerbes d’eau salées qui nous éclaboussent au passage. Pour autant point de vomissements aujourd’hui mais les sourires béats des gamins que nous sommes et qui se croient dans un parc d’attraction. Le débarquement à lieu sous un soleil de plomb au port de l’île royale, île principale des îles du salut.Marine et Paul sous les tropiques C’est la seule île que nous verrons, puisque le débarcadère de l’île saint joseph voisine à été emporté par la tempête quelques jours avant, et que l’île du diable n’est pas accessible au public. Mais même si nous ne le savons pas encore, c’est déjà vachement bien! Le tour de l’île commence tout de suite, sur le chemin du bord de l’île, entre océan et cocotiers. La théorème d’archimède se retrouve ici : « le poids de l’histoire d’un lieux est directement effacée s’il fait beau et que vous êtes au milieux 3000 ans d'histoirede l’océan à l’ombre d’un cocotier. » C’est donc avec légèreté que l’on note que telle maison vide étaient la boucherie et qu’ici était telle chose (voyez, j’ai même oublié tout ça!). On s’arrête tout de même près des roches qui font face à l’île du diable, car on peut y noter à 5 mètres de distance la présence de polissoirs amérindiens vieux de plusieurs millénaires et le filins qui servait à approvisionner l’île du diable!

La ballade se continue avec la piscine des bagnards, en gros un trou d’eau créée par les bagnards qui ont montés trois murs d’enceinte avec des grosses pierres au bord de l’eau, qui se remplis donc avec la marée. On y a toujours pied, la majorité des bagnards ne sachant pas nager. il est donc bien plus agréable de se baigner un peu plus loin au niveau de ce qui a du être un débarcadère. Mais nous y reviendrons plus tard!

 

Nous remontons le chemin qui amène à l’ancienne « citadelle », en haut de l’île, qui abritait les cases des surveillants et maintenant donc l’auberge et les chambres. Une fois les affaires déposées, nous continuons notre visite préliminaire de l’île. Il y a donc en haut de l’île, outre l’auberge et les anciennes cases des surveillants, une église construite et peinte par les bagnards, un hôpital, un ancien couvent de bonnes soeurs, et les prisons. Car oui quand même il y avait l’isolement là haut, dans soit les cellules blanches soit les cellules noires. Les cellules noires étaient appelées comme ça car il n’y avait pas la moindre fenêtre à part une petite ouverture au dessus de la porte vers le couloir sombre… Les cellules blanches ont été appelées comme ça par opposition aux cellules noires, bien qu’elles restent tout de même bien sombre avec leur minuscule fenêtre sur l’extérieur…

Paul en prison Cellule blanche

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre chaque lieux que nous visitons nous croisons quelques agoutis, sorte de rongeur issu de l’amour improbable entre une biche et une noix de coco. Et un rat. C’est un animal paisible, qui en temps normal (entendez par là dans la jungle) passe sa vie à fuir la mort (nous avons les chips, les prédateurs amazoniens ont l’agouti), mais qui ici fait preuve d’une assurance toute indécente à l’égard de l’homme, allant jusqu’à nous faire oublier que nous sommes un superprédateur. Aussi un de ces petit bestiaux fut-il bien surpris lorsque les cinq superprédateurs que nous sommes, ayant préalablement encerclé notre proie, nous rapprochâmes de lui.

AgoutisVoici grosso modo ce qui se passa dans sa tête:

« -mmm une mangue! crounch crounch. mmm tiens des gros bipèdes, c’est la saison. vraiment bonne cette mangue. Miam crounch. mmm quand je pense que mon cousin billy de l’autre côté de la grande eau a peur de ces grands bipèdes… miam.

Mais… Ils se rapprochent… Ils me regardent avec un drôle d’air… Mais, mais, je suis encerclé!!! Ils ne font pas ça d’habitude!!! Est ce que…? est ce que…? Mon dieu, le grand prophète avait raison, l’ouverture de la chasse est venue jusqu’ici! FUYEZ! »

Bon d’accord je vous l’accorde c’était plus:

« crounch machin rond vert ‘achment bon. oh. crounch. mais… crounch. AAAAAAAH! »

Toujours est-il que nous avions remis l’affreux cloporte à sa place dans la hiérarchie de la vie.

Marine et le ara bleuMais l’agouti n’est pas le seul animal impertinent sur l’île royale. Le ara, majestueux oiseux tout de plumes multicolores vêtu, est lui même espiègle, un brun belliqueux, et surtout très bruyant. Quelle surprise lorsque ce magnifique animal vient se poser avec légèreté près de vous, vous regarde dans les yeux, et lâche un sonore « CR »! Il y en a trois sur l’île, un bleu et deux rouges. Il y a aussi des petits aras Combat de arasvert bien plus discrets. Les deux rouge mettent la misère au bleu, comme quoi hein, le racisme, c’est aussi chez les oiseaux. D’une manière assez hargneuse, les aras rouge donc pourchassent sans cesse le bleu pour se la coller, donnant par la même occasion des combats aériens de toute beauté. Bon en vrai la plupart du temps ils se contentent de l’ignorer.

 

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