14 Juin

Le grand départ

Forcément, comme d’habitude, il faut que l’on fasse tout à la dernière minute. Alors que le démarrage devait être lancé à huit heures pétantes, je suis toujours coincé dans les bouchons, sur le retour d’une mission ratée à la poste… Le sac n’est pas fermé, j’ai faim et n’ai même pas bu mon café ce matin. Bon. On respire, on se détend! Aujourd’hui est quand même un grand jour! Le voyage commence pour de vrai, tant pis si c’est à 9 heures au lieu de 8! Lucie, une amie rencontrée en Guyane, nous emmène dans le pick up de son copain Fred (encore merci!) direction Saint Georges de l’Oyapock, dernière étape française de notre périple. De là nous prenons une pirogue pour Oyapoque, au Brésil.

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oiapoque«-Macàpa? Bus?»

Oyapoque, ville frontalière le long de l’oyapock, est mille fois plus vivante que son homologue Guyanaise, et sans arrêt nous nous faisons alpaguer par les brésiliens voulant nous vendre leurs services. Ils sont prêt à tout pour ça, jusqu’à nous assurer que la route ne permet pas le passage des bus, et qu’il faut monter dans le pick up d’untel, tellement plus confortable (et plus cher). En bons obstinés que nous sommes, nous persévérons à nous faire une idée par nous même. Nous marchons jusqu’à la police fédérale pour faire tamponner nos passeports par un flic en civil, flingue à la ceinture et badge autour du coup, qui appelle aux quatre coins du monde avec trois téléphones différents avant d’apposer sur nos passeport le sésame tant attendu. Nous reprenons la route pour la gare routière (là encore tout le monde tente de nous en dissuader) où il s’avère que le bus pour Macàpa part dans une heure trente, et pour pas cher… Nous prenons donc le bus de nuit qui nous permettra de passer les 12 prochaines heures à dormir tranquillement jusqu’à notre arrivée au petit matin.

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bus pour macapa-2Le soleil décline tranquillement à travers les vitres du bus qui roule doucement sur la route, tandis que fatigués par notre début de voyage, nous commençons à piquer du nez. Pas trop mal installés, nous avions imaginé pire, comme premier bus. Enfin, jusqu’à ce que le rugissement du bus nous réveille en sursaut, hurlant, pour monter une côte… Le vieux bus (pourtant bien d’aspect extérieur), se révèlera souvent incapable de nous emmener en haut des côtes, si bien que plusieurs fois nous devrons sortir du bus, dans la nuit et la latérite boueuse, pour alléger le bus. Du haut de la route, sous la petite pluie, nous voyons le bus redescendre en marche arrière. Il prend son élan et se lance à l’assaut de la pente, s’enfonçant dans des trous béants dans la latérite, s’embourbe, se cabre, rugit en éclairant le ciel de ses phares furieux, avant de se sortir on ne sait comment de la boue pour venir, épuisé, à notre niveau.

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Au petit matin, une fois sortis du bus encore fumant et couvert de boue rouge, nous continuons notre avancée dans le Brésil en prenant un taxi direction Santana, petite ville servant de port à Macàpa, pour prendre un bateau sur l’amazone direction Manaus. Le chauffeur de taxi, en bon Brésilien, nous montre à quel point on a bien fait de le choisir en nous amenant le plus rapidement possible à destination (entendez par là qu’il roule comme un fou), et en nous montrant la puissance de sa sono, bien supérieure à la tolérance de nos pauvres oreilles européennes. Pour autant, entendre «the sound of silence» de Simon & Garfunkel en brésilien, ça n’a pas de prix.

anna beatriz V-4Arrivés sains et saufs à Santana, nous n’avons pas le temps de nous mettre à chercher notre bateau qu’il vient déjà à nous! Les gens sortent directement le grand jeu pour nous faire monter sur leur bateau, avec succès puisqu’il n’y en à qu’un qui part aujourd’hui pour Manaus, l’autre bateau partant 3 jours plus tard et sentant atrocement le poisson. Nous installons donc nos hamacs et attendons en ville le départ du bateau, en dégustant la Kaiser, bière brésilienne pas top. Le soir venu le bateau démarre enfin, et nous regardons le port s’éloigner derrière nous tandis que nous prenons le large sur l’amazone.

 

Nous sommes dans l’hémisphère sud!

 anna beatriz V-6

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