24 Juin

Le trek de Chachapoyas à Kuélap

Marine vers kuelap-18Cela fait plusieurs jours maintenant que nous sommes à Chachapoyas, perchée à 2400 mètres d’altitude. La ville est vraiment jolie, avec ses vieux bâtiments tous blancs, à la charpente de bois. Ce sont les premières rues piétonnes que l’on voit depuis que l’on est arrivé en amérique du sud! L’air y est frais (enfin!), et les gens vraiment sympas. Nous en profitons pour visiter un peu le coin, et glaner des infos sur notre projet : rejoindre Chachapoyas à Kuélap à pied en trois jours. Adrien n’a pu obtenir aucune aide de l’institut géographique de Lima qui ne savait même pas où était Kuélap, un des plus grand site archéologique du Pérou, et le chemin n’apparait pas sur la carte topographique. On fini par tomber sur José, ancien guide, qui nous dessine à main levée un chemin sur mon calepin… Et c’est parti!

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Premier jour

Marine vers kuelap-25Levé six heure et demi, douche brulante-gelée-brulante-tiède-gelée avec un débit alternant entre le déluge et la sécheresse, petit déjeuner, et nous sommes prêts à partir. Notre objectif du jours est Levanto, une petite bourgade de montagne à peine plus haute que Chachapoyas, peu de dénivelé en perspective donc. Nous descendons la calle «Santo Domingo» en direction du quartier «El Molino» où on demande notre chemin aux gens. Nous finissons par nous retrouver sur un sentier ressemblant fort à ce qu’on pourrait penser d’un «camino préhispanico». On monte quelques temps avant de nous retourner vers Chachapoyas. Les pentes verdoyantes de la montagne montent pour se perdre dans les nuages tandis que les hommes ont quadrillé toutes les montagnes alentours de champs et de parcelles colorées. La montagne semble très habitée, on distingue régulièrement de petites habitations.

Le chemin est vraiment beau, j’aperçois à un moment une loddigésie admirable, qui est en fait un colibri à queue ultra longue qui se finie en spatule… Nous arrivons assez tôt à Levanto, et nous installons dans la seule auberge de la ville, aux habitations chachapoyas traditionnelles : circulaires, avec un grand toit conique de paille. Oui car le nom de chachapoyas est celui d’une civilisation avant que d’être celui d’une ville. Ils ont habités la région jusqu’en 1432, année où les incas leur ont mis la pâtée, et ont construit la forteresse de Kuélap, notre objectif.

Marine vers kuelap-28L’aubergiste accepte gentiment de nous emmener à Yalape, ruines aux alentours de Levanto. Nous grimpons à travers champs, hors sentier, pour nous retrouver dans une végétation dense que notre guide ouvre à grands coups de machette. Au milieu de ce fatras verdoyant, des murs de pierres se dressent parfois, laissant même entrevoir des cocos, ou umbros, sortes d’oeils de pierre. De là haut, nous avons une vue plongeante sur Tingo, notre objectif de demain, et Chachapoyas de l’autre côté. De retour à l’auberge, nous prenons une douche à l’eau du frigidaire (vive les eaux de montagne!) tandis que la température chute à des niveaux que nous avions oubliés pendant notre séjour sous les tropiques…

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Deuxième jour

Marine vers kuelap-31Aujourd’hui au programme, plus de 18km de marche pour rejoindre Tingo viejo, où nous passerons la nuit. Au départ de Levanto le soleil à déjà découvert les montagnes tandis que nous marchons vers Yurac Urco. C’est un tout petit village bâti le long du chemin où deux péruviennes nous indiquent le chemin à prendre pour rejoindre Tingo. C’est une longue descente qui commence alors, à flanc de montagne, sur un chemin tour à tour pierreux, boueux, sableux… La progression est très agréable, malgré la propension marquée des incas à mettre leurs chemins dans les lits de ruisseaux, transformant la terre en boue, jusqu’à ce que le chemin disparaisse face à une barrière. Mince. Que fait on…? Où nous sommes nous plantés? En contrebas, sur la plaine, une petite cabane rouge et deux chevaux. Au loin, les Andes, espiègles, se moquent de nous à gorges infranchissables déployées… A gauche il semble y avoir un à pic, ce que nous confirme la carte topographique, et un aperçu de visu une fois là bas. Il faut donc rebrousser chemin, essayer quelques chemins avant de trouver le bon, qui nous est confirmé par une famille en train de couper du bois. On reconnait bien notre bon vieux chemin préhispanique, plein de pierres et de boue. Il nous emmène à une autre barrière, que l’on passe cette fois-ci, étant surs d’être sur le bon chemin. Pas si surs cependant, puisque rapidement le chemin semble disparaître dans les fougères. Une intersection avant nous présentait un chemin qui montait, nous l’essayons donc avant de nous rendre compte qu’il monte sur cinq mètres puis disparait. On cherche, mais il semble que nous devions retrouver le chemin que l’on voit en contrebas, c’est la seule option possible. Le chemin continue en fait, par delà les fougères, et se met à descendre rapidement jusqu’au bas de la vallée où nous déjeunons sur les roches nues de la rivière. Nous arrivons sur la route de Tingo et prenons un chemin qui serpente en montant dur dans la montagne. Il nous fait arriver tout en haut, sur une autre portions de route. Marine vers kuelap-33De là nous pouvons soit suivre la route, soit emprunter un autre chemin pédestre pour rejoindre Tingo. Nous choisissons cette dernière option, qui doit nous faire passer dans les ruines de Machu Pirca et de Macro. Le chemin semble en fait très peu usité, et nous arrivons à la fin de nos réserves d’eau (saloperie de camel back qui encourage à gaspiller toute son eau), le groupe commence à bien fatiguer… Le chemin, difficile, n’en reste pas moins magnifique. A flanc de montagne, parfois de falaise, nous passons au pied des ruines de Machu Pirca. Entre plantes qui piquent, qui grattent, qui collent, nous arrivons aux ruines de Macro, magnifiques, dans lesquelles nous passons. Le chemin presque invisible passe un coup au pied d’un mur de pierre, puis sur le rebord d’un ancien bâtiment. Les cocos sortent de la végétation tandis qu’en contrebas les eaux tumultueuses du rio Utcubamba foncent à toute allure. Une fois arrivés en bas, il s’avère que l’on ne peut pas traverser cette rivière, il faut marcher encore jusqu’à Magdalena, puis enfin Tingo où nous nous effondrons dans l’auberge.

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Troisième jours

C’est le jour de l’épreuve. En théorie, on va en chier. 1200 mètres de dénivelé positif en trois heures, sur 9km. Dans la pratique, on en chie. et dur. Le soleil sans pitié nous écrase de sa chaleur tandis que nous essayons de grimper la pente en moyenne à 12%. Bon pour autant, la vue est magnifique, encore une fois, avec les montagnes aux verts changeants sous les ombres des nuages. Nous arrivons finalement en haut, au pied de la forteresse de Kuélap…

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