11 Sep

Le Cotopaxi

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Après une journée de repos, nous nous lançons dans l’aventure. Le matériel est essayé, nous sommes prêts, il est 22h et nos guides sonnent le départ de Latacunga. Nous avons une petite heure de route, la nuit est claire et sans nuages, et au fur et à mesure de notre approche, la silhouette noire du géant de glace devant nous grandis jusqu’à envahir la moitié du ciel! La voiture s’arrête sur le parking au pied du volcan, à 4500 mètres d’altitude. C’est là que la montée commence! Avec nos chaussures d’alpinisme ultra rigides, nous commençons à monter le chemin de sable qui Cotopaxi - glacier-3monte jusqu’au premier refuge, juste en dessous du premier glacier. C’est l’occasion de se familiariser avec cette marche particulière due aux chaussures (ultra rigides, encore une fois). Au refuge, nous nous retrouvons devant le choix que nous redoutions un peu : Nous avons deux guides, mais pour s’encorder un guide ne peut avoir que deux personnes. Nous sommes trois, et nous pourrions rester tous groupés, mais la vitesse est importante : une fois le soleil levé, les risques d’avalanche augmentent rapidement, on doit donc redescendre en vitesse. Nous décidons donc d’écouter les guides, qui une fois au refuge pensent que les meilleurs groupes seraient Adrien et moi d’un côté, et Marine de l’autre. Nous nous lançons dans l’ascension à proprement parler : 10 minutes après le refuge, nous mettons les crampons et attaquons la glace! C’est la première fois que nous montons sur un glacier, la sensation est très étrange. Il faut parfois taper fort pour planter les crampons dans la glace. Et puis peut on Cotopaxi - descente glacier-12réellement faire confiance à ce demi millimètre d’acier planté dans la glace pour supporter tout notre poids?! Dès le début, on se concentre à fond pour avancer… Lentement! On n’a pas envie, avec l’enthousiasme, de se crever dès le début! On a quand même en tout un dénivelé positif de 1400 mètres à faire…  Nous avançons donc lentement. Enfin, on pense avancer lentement : rapidement, on se rend compte qu’on double tout le monde! C’est d’ailleurs souvent l’occasion d’une bonne montée en pression car, comme en Equateur la courtoisie n’implique pas de se pousser pour laisser passer quelqu’un de plus rapide, notre guide nous met un gros coup de speed hors sentier pour dépasser les groupes plus lents!

Depuis que l’on a prévu de se lancer à l’assaut du Cotopaxi, nous nous préparons à ne pas pouvoir atteindre le sommet à cause du mal de l’altitude, de la difficulté ou encore de la météo. Autant dire  que l’enthousiasme est à son comble lorsque l’on se rend compte que l’on n’a aucun problème pour l’instant, et que le ciel limpide étale au dessus de nous son tapis d’étoiles, illuminé ça et là par quelques étoiles filantes. Au loin, Quito s’étend de toutes ses lumières dans la vallée. Tout semble être parfait pour une ascension inoubliable! Rapidement cependant, on se rend compte que notre guide n’est pas le mec le plus sympa que l’on ait rencontré. Taciturne, il parle peu, ne nous répond pas et, voyant que l’on suit bien, force un peu le rythme. Un pas après l’autre, on grimpe à coup de crampons vers le sommet, dans la nuit noire. L’équipement est vraiment efficace, je suis surpris de ne pas avoir froid du tout. Plus bas, je cherche des yeux les lampes frontales de Marine et son guide, mais ne voit que la nuit qui s’étale sous nos pieds.

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Pour Marine, c’est plus difficile : malade déjà à la base, avec une mauvaise nuit dans les pattes, cela s’annonce difficile. Son guide est aussi taciturne que le notre, pas encourageant du tout, et en plus de la fatigue le mal de l’altitude se fait sentir… Vers les 5300 mètres, après un dénivelé de 800 mètres tout de même, Marine et son guide font demi tour pour redescendre vers la voiture.

Cotopaxi - levé de soleil sur l'Antisana-6Pour Adrien et moi l’ascension continue, lentement, pas après pas. Au bout d’un moment, notre guide nous apprend que nous ne sommes plus qu’à 40 minutes du sommet! Nous sommes tout prêt, ce qui nous réjouit, mais on commence à être inquiet : il fait nuit noire, le levé du soleil n’est pas pour tout de suite, et notre guide nous à averti que là haut le vent souffle fort et froid, nous n’y resterons donc que quelques minutes avant de redescendre. Nous avons été trop rapides! L’idée de réussir à monter au sommet par un temps clair comme Cotopaxi - Guillaume-2jamais, mais trop tôt pour pouvoir voir quoi que ce soit ne nous rempli pas tellement de joie… Aussi nous ralentissons franchement le rythme, nous arrêtons tous les trois pas (ce qui a en plus pour avantage de laisser Adrien se reposer), ce qui horripile franchement notre guide. il tire sur la corde, crie sans cesse des « Vale, vale! » pour nous faire avancer. Il semble qu’il veuille y arriver le plus tôt possible pour pouvoir redescendre vite et rentrer chez lui. Si bien qu’au bout d’un moment, lorsqu’il se Cotopaxi - Adrien-2permet de faire une remarque pas sympa, on s’énerve franchement et je lui dis ce que j’ai sur le coeur. A partir de là, il sera d’un coup vachement plus agréable! A quelques dizaines de mètres du sommet, le ciel commence à s’éclaircir : c’est pour bientôt! Pour le coup on donne un coup de speed et arrivons pile au bon moment, sur un sommet assez peu battu par les vents, pour admirer un lever de soleil incroyable, à 5897 mètres! L’horizon se teinte de rouge tandis que le ciel rosé s’éclaircit de plus en plus. Tout autour de nous se dressent sous nos pieds les volcans équatoriens, dont les Illinizas, où nous étions il y a quelques jours! Notre guide (devenu sympa suite à notre altercation), nous prend dans ses bras et nous félicite. Nous sommes seuls sur le sommet : une seule personne est arrivée avant nous, mais elle est redescendue avant le levé du soleil! La vue est magnifique, avec le cratère enneigé qui rougeoie sous les premiers rayons de

Cotopaxi - levé de soleil sur l'Antisana-7cette belle journée. Après cette nuit à monter à l’aveuglette, pouvoir admirer les alentours est incroyable! Petit à petit les vallées à nos pieds sortent elles aussi de l’ombre et nous offre une vue incroyable qui nous fait penser aux fameuses photos de « la terre vue du ciel »! Il est maintenant temps de se lancer dans la descente et de rejoindre la voiture. Descendre est presque plus dur que de monter, et on découvre avec un mélange de fierté et Cotopaxi - paysage-4d’étonnement ce que l’on a monté : la pente glacée est raide et semble plonger tout droit vers le gouffre! Autour de nous on peut observer la glace, sculptée par le vent, avec ses crevasses et ses stalagtites. Le glacier est immense et la descente est tout de même longue, surtout que la fatigue commence à se faire sentir, avec la nuit blanche dans les pattes. Avec la lumière, nous nous repérons maintenant et comprenons par où nous étions passés : le premier glacier, la pente de sable, le deuxième glacier… Au bout de deux heures nous arrivons au refuge, et rejoignons Marine et son guide qui dorment dans la voiture. Elle n’a peut être pas réussi à aller au sommet, mais elle a pu admirer le lever du soleil tout comme nous! Le guide de Marine, ordinairement peu engageant, s’illumine quand on lui dit qu’on est arrivé en haut. Ca fait plaisir! Nous montons dans la voiture et fonçons vers Latacunga, où nous retrouvons notre hôtel : journée glande et repos pour se remettre de tout ça!

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Pour toutes les photos du Cotopaxi, c’est ici!

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