20 Sep

Trek d’Achupallas à Ingapirca

Alausi-2Depuis Banos, nous prenons un bus et descendons à Alausi pour nous rapprocher d’ Achupallas, notre ville de départ pour notre trek de trois jours nous amenant aux ruines d’Ingapirca, site Inca majeur de l’équateur. Alausi est une charmante petite ville, sauf qu’en fait on se rend compte qu’on aurait jamais du s’y arrêter car notre bus nous aurait encore rapproché de notre objectif! Nous trouvons heureusement une sorte de camion bus qui nous emmène à un carrefour duquel nous trouvons un taxi qui nous monte à Achupallas. Il nous dépose devant la posada … tenue par une charmante dame qui nous reçoit à petit prix et nous cuisine un bon diner en restant discuter avec nous. Le village quant à lui est charmant, réellement typique, pour le coup, on sent que peu de gens passent par ici!

achupallas-2

premier jour - troupeauLe lendemain matin nous démarrons tôt pour notre trek et commençons la marche, bardés de toutes nos affaires plus la nourriture pour quatre jours, au cas où. Le chemin traverse dans un premier temps plusieurs petits hameaux d’agriculteurs où l’on rencontre  des adolescents en habits traditionnels écoutant à fond leur musique sur leur téléphone portable dernière génération… Le chemin monte en direction du col qui nous emmène dans une vallée verdoyante parcourue par une petite rivière. Le chemin continue tranquillement dans cette vallée, ou plutôt disparaît tranquillement dans cette vallée, mais nous avons nos cartes topographiques et rencontrons plein de locaux à cheval à qui on peut demander notre chemin. premier jour - au champComme la plupart des chemins Incas, celui ci est constamment traversé par des rivières et la boue est omniprésente. Difficile de garder les pieds au sec! L’endroit est parsemé de bétail et de chevaux qui courent en liberté sous le regard des chiens de bergers tranquillement allongés entre les vaches. Le vent court dans les herbes folles qui chantent à son passage, tandis que le ciel s’assombrit petit à petit. La pluie guette. Nous continuons donc dans la vallée, avec pour objectif la laguna de los tres cruces où nous planterons la tente. Nous l’atteignons vers 16h30, après plus de 8 heures de marches et un premier jour - le chemin-12dénivelé de près de 1200 mètres. Elle est belle et surplombée d’un condor de pierre dans la montagne. Un groupe de locaux à cheval y est également, ils viennent récupérer leurs chevaux qui ont passé la journée ici, puis s’en vont. Nous plantons la tente, tandis que le temps se gâte un peu, et nous mettons en quête de matériel pour faire le feu pour cuisiner. A plus de 4000 mètres d’altitude, nous trouvons de petits arbustes et beaucoup d’herbe sèche, mais surtout nous trouvons du vent! La cuisine va s’avérer très laborieuse, entre le vent glacé et le bois humide, mais à force d’efforts nous finissons par pouvoir manger au chaud de la tente nos patates bien cuites! Le vent souffle fort dehors, mais à l’abri de nos duvets nous nous endormons du sommeil de l’effort.

premier jour - campement laguna de los tres cruces

deuxieme jour - lagunaAu petit matin la tente est toute gelée, mais le soleil se lève sur une matinée ensoleillée et annonce cette journée sous les meilleurs hospices. Rapidement la tente est pliée et nous nous remettons en route. Il reste un petit peu de montée, puis ça ne sera plus que de la descente! Depuis la lagune donc, nous montons au col juste au dessus puis empruntons le chemin qui monte à flanc de montagne jusque sur la crête. Les nuages se sont joint à nous et c’est dans le brouillard venteux et humide que nous marchons maintenant. A notre gauche nous apercevons entre les nuages une autres lagunes, mystérieuse, qui disparaît aussitôt, recouverte par la brume. Tout au long du chemin nous croisons des cavaliers en tenue traditionnelle : le deuxieme jour - paysage-2chapeau fiché sur la tête, le poncho rouge sur les épaules et pour les plus anciens les jambières en cuir et fourrures. La crête fini par redescendre et nous nous retrouvons tout en haut d’une immense vallée, parcourue d’une rivière serpentant jusqu’à un gigantesque lac en forme de tête de serpent : la laguna de las culebrias. Le serpent est un animal important dans la mythologie andine puisqu’il symbolise le monde d’en bas et représente le savoir, l’intelligence. Aussi une expédition scientifique à trouvée dans ce lac une ruine engloutie! La vallée est accueillante, avec sa rivière et ses troupeaux qui paissent en liberté, dans une tranquillité uniquement troublée par les ordres des cavaliers à leurs montures tandis qu’ils montent le chemin. La descente est abrupte et l’on va vite, jusqu’à arriver dans la plaine où nous prenons notre déjeuner sous les rayons du soleil enfin revenus!

deuxieme jour - laguna de las culebrias-2

deuxieme jour - ruines-6Après manger nous nous trouvons face à un problème : il faut traverser la rivière pour continuer le chemin dans la vallée, mais il n’y a pas de ponts ni de gués, et il faut sauter par dessus l’eau froide pour pouvoir poursuivre. C’est là que se produit le drame : Marine glisse et se retrouve toute entière dans l’eau, avec le sac et toutes ses affaires! Et bien sur c’est ce moment qu’à choisit le soleil pour se pelotonner à nouveau dans sa couette de nuages… A cette altitude il ne fait pas bon être trempé, aussi Marine se change-t-elle en vitesse avec mes affaires pour se mettre au chaud. Heureusement, les sacs sont de bonnes qualité tout de même et les affaires à l’intérieur sont peu mouillées, et rien n’est abîmé. Ce sont les pieds mouillés deuxieme jour - chouette-2que nous continuons le chemin, le moral quelque peu entamé… Nous arrivons en fin de journée sur une ruine, qui semble être les restes d’une maison dans lesquels d’autres personnes ont déjà campés. Nous décidons d’y planter notre tente, histoire d’être à l’abri du vent cette nuit. Tout autour de la ruine se trouvent de petits arbustes dont nombre semblent être mort depuis un bout de temps, nous fournissant ainsi quantité de bois sec pour le feu de ce soir! Tandis que nous ramassons le bois, juste à côté de nous une chouette dort, imperturbable, nous laissant nous approcher très près d’elle sans réagir! Elle se balance de droite à gauche en dormant complètement à la merci de tout prédateur!En fin de journée le soleil se montre enfin pour de bon, nous offrant une demi heure de chaleur salvatrice avant l’arrivée de la nuit.

Ce soir le feu est plus facile à faire, mais pour autant l’eau ne bout pas plus vite! Avec la nuit la température à chutée, encore une fois, loin en dessous de zéro. Le vent souffle dehors, heureusement nous sommes à l’abri dans les ruines. Les étoiles brillent au dessus de nous et dans cette nuit claire et froide, il est étrange de penser que nous allons dormir dans un lieu plein d’histoire dont nous ignorons tout.

deuxieme jour - paysage-4

troisième jour - fleursTroisième et dernier jours de notre trek, nous nous lançons à l’assaut du chemin, sous le soleil du matin. Le chemin monte un petit peu à flanc de montagne, laissant la lagune de las culebrias disparaître derrière nous. Le chemin redescend ensuite dans de larges vallées, passant près de lagunes brillantes sous le ciel ensoleillé. On descend, sans vraiment avoir de chemin, jusqu’à une gigantesque plaine laissant entrevoir au loin des villages, sans aucune idée de la direction qu’on doit prendre. La carte topographique nous dit d’aller tout droit, mais après notre expérience au Pérou entre Chachapoyas et Kuélap, nous lui faisons moyennement confiance. Au loin, sur notre gauche, un chemin descend des montagnes, recouvert par un flot troisième jour - la pampade cavaliers comme ceux que l’on a croisé tout du long. Nous décidons d’aller par là pour leur demander le chemin, quitte à devoir redescendre ensuite vers les habitations si notre objectif est par là. La plaine est encore une fois très marécageuse, avec en plus le ciel qui se couvre et nous gratifie encore une fois de quelques gouttes bien fraîches. En chemin nos croisons un cavalier qui nous indique le chemin, il faut bien rejoindre le premier village. Nous nous remettons donc sur la bonne voie et finissons par trouver un chemin qui sera le bon jusqu’au bout. Les chiens sont, comme pour chaque trek que nous faisons, ce qui nous stresse le plus. Dès que l’on passe près des habitations des chiens viennent défendre leur territoire et certains ne semble concevoir aucune objection à déguster de la chair humaine. Nous passons néanmoins sans encombre et descendons vers la vallée où nous cherchons desyeux les fabuleuses ruines d’Ingapirca. Le soleil revient, et avec l’altitude qui baisse et baisse encore au fur et à mesure de la marche, la chaleur devient intense! Nous traversons des torrents de montagnes qui nous donnent envie d’y plonger, tandis que la route n’en finit pas de serpenter dans la montagne. Nous sommes toujours dans la bonne direction, selon les gens que nous croisons, mais nous ne comprenons pas pourquoi nous ne voyons toujours pas ces foutues ruines! La haute montagne à laissée place aux grandes plaines verdoyante et aux forêts d’eucalyptus. Nous traversons plusieurs petits villages, et c’est n’y croyant plus qu’on finit par apercevoir, enfin, IngaPirca. Vue d’en haut, le site est très joli mais pas aussi impressionnant que ce à quoi on s’attendait! Qu’importe, nous nous dépêchons de descendre rejoindre ces ruines tant convoitées, déposons nos sacs  (enfin!!) au guichet et rejoignons le guide.

troisième jour - montagne coniques

 

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