4 Oct

Chiclayo, Lambayeque et Tucume

Chiclayo - passage des muses

La ville de Chiclayo ne présente pas de grand intérêt en tant que telle, n’étant pas particulièrement jolie. Elle est très vivante, et paraît, comme toutes les villes du Pérou, tentaculaire. On y pratique ce que nous appelons le «sauve ta vie», un sport qui consiste à survivre en tant que piéton dans la folie de la circulation péruvienne. Non, l’intérêt de Chiclayo réside avant tout dans les bourgades attenantes qui disposent de sites culturels impressionnants.

Lambyeque - cathédrale-4

Lambyeque - balconA Lambayeque, à peut être 20 minutes de Chiclayo, se trouve le musée «tumbas reales de Sipan» dans lequel on découvre une civilisation pré inca incroyable : les Mochicas ou Moche (à prononcer Moché, bande de mauvais humoristes). Cette civilisation à prospéré sur toute la côte nord du deuxième au septième siècle après Jésus Christ, construisant d’imposants centres cérémoniels d’adobes (briques de boue mélangée à du cactus et d’autres choses selon les régions). Ces centres cérémoniels étaient aussi les tombes des dirigeants Mochicas, comme le seigneur de Sipan, que l’on retrouve dans le musée. Lorsque le dirigeant mourrait, donc, il était enterré dans le bâtiment, lui même enfoui sous un autre bâtiment de même forme mais plus haut et plus large, faisant ainsi un édifice de plus en plus imposant au cours du temps. Le seigneur de Sipan, puisqu’on en parle, fut enterré allongé sur le dos avec à ses côtés deux femmes (il ne faudrait pas s’ennuyer dans la mort, tout de même), une prêtresse (pour le sérieux), un porte étendard et un garde auquel on a coupé les pieds pour s’assurer qu’il ne Lambyeque - musée senor de sipanquitte jamais son poste. Au dessus de tout ça, un vigile dans une niche du mur veille sur la tombe (avec un système pareil, on est à peu près sur de la loyauté de ses proches!). Les mochicas ont aussi développé un important et performant système d’irrigation, transformant ces vallées arides en oasis verdoyantes, permettant ainsi une production excédentaire, base de toute expansion de civilisation. Ils étaient aussi maîtres dans l’art de la céramique et de l’orfèvrerie, avec des pièces réellement de toute beauté. Les céramiques représentent toute sortes de choses, depuis leur dieu principal, Ai-Apaec, aux scènes de la vie de tous les jours en passant par tous les demi dieux de leur mythologie : l’homme poulpe, l’homme araignée, l’homme poisson, l’homme renard, l’homme crabe et bien d’autres encore. Leur travaille du métal est vraiment intéressant, surtout combiné avec la turquoise, pierre semi précieuse très belle et se mariant à la perfection avec l’or. Mais le travail du métal leur servait aussi pour se protéger, avec leur impressionnant «protector coxal», une énorme pièce de métal doré protégeant… ben les fesses, quoi… Nous n’avons pas trouvé dans le musée d’explication à ce besoin de se protéger le derrière, un taux élevé d’agressions de sodomites sauvages nous paraissant peu plausible…

Tucume - huacas-14

Tucume - huacas-7Une fois sortis de ce musée passionnant, nous goûtons pour la première fois la fameuse chicha morada, un alcool de maïs aromatisé à la mure, puis prenons la direction de Tucume où il est possible de visiter un de ces centres cérémoniels. Le combi nous dépose près de Tucume, nous devons marcher un peu pour arriver au musée et au site convoité. En montant sur une colline pour avoir une vue d’ensemble, on découvre les restes de ces temples d’adobes vieux de 1500 ans : ce ne sont plus de l’extérieur que des montagnes de terre. Si nous n’avions pas vu de Tucume - huacas-13photos et ne connaissions pas l’histoire, jamais nous ne nous serions dit qu’il s’agissait de vieux temples, mais peut être de tas de terre issu d’une carrière ou d’une mine. Mais en se rapprochant du site le plus proche, dans l’enceinte de la ville, il apparaît évident que c’est une construction : on distingue encore les briques d’adobes bien alignées les unes sur les autres! Ce site n’est surveillé que par un panneau bleu esseulé signalant la ruine, et nous nous lançons à l’assaut du monticule pour voir ce qu’il y a au dessus. Nous sentant comme Indiana Jones, nous avançons au sommet du temple, tentant de repérer dans les décombres ce qui pourrait ressembler à une pièce ou une tombe. Bien entendu tout à été pillé depuis longtemps et nous ne trouvons rien que des déchets des fêtards Tucume - Adriende la ville en contrebas. Les mystères que recèle cet endroit restent pour autant intacts, et même si nous ne trouvons rien nous farfouillons l’endroit emprunts d’une euphorie toute enfantine. On finit par quitter le lieu et allons vers le musée et le site, qui s’avèrent être fermés… Diantre! A peine butés, nous passons par un petit chemin entre deux maisons à l’arrière du site pour y accéder. A défaut de voir le musée, nous irons voir ça de près! Nous marchons tranquillement dans le soleil baissant, entre les ruines imposantes qui se dressent tout autour de nous. Pas question ici d’aller jouer dans les ruines, de nombreuses investigations ont lieues ici, on ne voudrait pas tout casser! Les édifices sont gigantesques, et le plus grand doit bien faire 20 mètres de haut au bas mot. Depuis le plus haut, un homme nous interpelle et se met à courir dans les escaliers : il est temps de partir! Nous rejoignons rapidement la route et reprenons le chemin de Chiclayo. Nous sommes dimanche et nous attendons le combi avec un groupe de joyeuses péruviennes qui nous expliquent que le dimanche, les combis se font plaisir et doublent le prix du trajet. Après une bonne attente à regarder passer des combis bondés aux prix exorbitants, on fini par en voir passer un au prix raisonnable et avec encore de la place, nous sautons dedans!

Tucume - ville

 

Et voici le reste des photos, cliquez pour agrandir!

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