3 Oct

Colan

Colan - plage-9Nous prenons un bus de nuit direction Piura, en pensant passer la frontière par Macarà – La Tina. Le bus est bondé, nous sommes tout au fond à côté des toilettes, et dans l’allée à côté de nous, un pauvre bougre se retrouve à passer son voyage par terre… La chaleur est étouffante dans ce car qui fonce dans les virages à toute allure. Dès qu’on essaye d’ouvrir une fenêtre, quelqu’un la referme rageusement! Au dehors les montagnes brillent au loin dans une brume lunaire, comme derrière un rideau d’argent dans le ciel noir. Ce sont nos dernières heures en Equateur! Nous arrivons finalement à Tumbes, vers trois heures du matin, pour le passage de frontière et la paperasse qui va avec. Sortir du bus est un vrai soulagement, dans l’atmosphère pesante d’une nuit tout de même moins chaude que notre car-four… Heureusement, pour la deuxième partie du trajet, notre chauffeur met en route la climatisation. C’est à croire que l’air conditionné n’est autorisé qu’au Pérou! Le bus passe de nuit par Mancora, puis le soleil se lève sur une longue route rectiligne dans un décor déroutant : nous sommes au milieu du désert! C’est un désert rocailleux, égayé de ci de là par un arbuste sec. Lorsqu’on se rapproche de Piura, le désert change étrangement. En y regardant de plus près, on se rend compte que les dunes sont faites d’ordures! Très étonnés, nous comprendrons plus tard pourquoi lors d’un trajet ultérieur : au détour d’un carrefour, nous verrons un camion poubelle s’avancer tranquillement dans le désert pour y décharger son immonde chargement.

Bref nous arrivons à Piura au petit matin, et le choc est un peu rude. Après la charmante et tranquille Cuenca, nous nous retrouvons dans un monstre urbain fait de poussière et de béton, peuplé de motokars (touks touks) qui foncent à toute allure en klaxonnant à tout va. Les minuscules taxis jaunes qui semblent fait en plastique et près à s’effondrer crachent leur fumée en passant presque en trombe (ils font autant de bruit que s’ils passaient en trombe, mais n’en ont pas la capacité!) et les gens nous mettent tous en garde des risques de se faire dépouiller ici.

Colan - oiseaux-3Nous trouvons rapidement un petit bus pour nous emmener à Paita où nous prenons un taxi collectif pour Colan. Par taxi collectif, j’entend par là que nous sommes rentrés à six avec tous nos bagages dans l’équivalent d’une petite twingo. La petite voiture fonce dans le rég, entre les collines de pierres arides, jusqu’à un surplomb en bas duquel on distingue une langue de terre en bord de mer : Colan, petite ville de pêcheur, s’offre à nos yeux impressionnés. Une seule rue, des petites maisons pour beaucoup faites de bois, des cocotiers et du sable à ne plus savoir Colan - plage-11qu’en faire. Le bord de mer est à peu près inexistant, car toutes les habitations touchent presque l’eau. Par ci par là, entre les maisons, on trouve de petites parcelles de plages intimistes et débordante de détente : entre les terrasses de bois donnant sur la mer et les bateaux de pêche se reposant sur le sable, et cette impression d’être absolument seuls dans cette ville, le calme est total. Au loin, le désert ocre plonge sans transition dans une mer d’un bleu intense. On trouve un petit hôtel pas cher avec terrasse sur la mer, l’eau est d’une fraîcheur bienvenue et le coucher de soleil d’une sérénité qui confine à la mélancolie. Le ciel vire à l’orange tandis que notre étoile bienfaitrice disparaît tranquillement derrière un bateau de pêche endormi.

Colan - Coucher de soleil-2

Le lendemain, on passe la matinée au bord de l’eau à lire tranquillement, en regardant les pélicans sauter avec agacement par dessus les vagues qui arrivent régulièrement, tandis que les frégates tentent de voler le poisson que les mouettes se sont acharnées à pêcher. Il est maintenant temps de partir, après cette parenthèse paisible, vers la folie du Pérou, et nous reprenons le chemin en sens inverse jusqu’à Piura, d’où nous prenons un nouveau bus pour Chiclayo.

Colan - Adrien et Guillaume

 

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