2 Oct

Cuenca

Cuenca - femmesD’Ingapirca, nous prenons un bus pour Canar, une petite ville réputée pour ses céramiques. Le bus nous laisse sur le trottoir de la route principale et nous nous mettons en route pour trouver notre hôtel pour la nuit. Notre première impression est que Canar n’est pas une très belle ville. Nous resterons sur cette impression! Tous les hôtels que nous croisons dans nos prix sont chers tout de même, surtout compte tenu de la prestation : dans un immeuble insalubre, un réceptionniste me répond avec sincérité «mais non, ce n’est rien» quand on lui fais remarquer l’eau qui coule dans la chambre depuis le plafond… Au bout d’un moment nous finissons par trouver un hôtel à peu près correct avec un restaurant dans une grande salle bondée. Notre chambre est juste au dessus, le couloir étant un balcon sans balustrade, ça donne envie de se coller un stetson sur la tête et de bondir sur le lustre en hurlant YIHAAAA et en tirant partout au six coups (c’est juste pour vous décrire l’ambiance du lieu, hein, on n’a ni stetson ni six coups…)! Autant Canar est moche et insalubre (au marché on a vu les filles chercher les poux dans les cheveux de leurs mères, et il semble qu’ici ils aient tous des dents pourries!), autant le musée est vraiment sympa! La visite guidée est gratuite est vraiment intéressante. Dans un premier temps il présente les différentes ethnies de la région, et l’on y retrouve avec plaisir nos cavaliers du trek en poncho rouge et jambières de cuir et d’alpaga! Se trouve ensuite une salle avec des céramiques et tout plein d’objets retraçant l’histoire du coin.

Cuenca - cathédrale-4

Nous redémarrons ensuite pour Cuenca, où nous découvrons pour le coup une très belle ville. Une charmante rue pavée remonte la rivière, bordée de bâtiments magnifiques, amenant à une plaza de armas de toute beauté. La cathédrale de brique rouge, construite par un allemand, ressort superbement dans ce grand carré de bâtiments blanc qu’est la place centrale de la ville. La rivière en elle même est très belle, accompagnée sur son Cuenca - berge-4chemin par une promenade piétonne que côtoient de grands bâtiments étroits à colombage. Sur l’autre rive la ville reprend des airs de cité d’amérique du sud, donc moins jolie, mais tout de même on y retrouve de beaux bâtiments : le collège begnino malo, impressionnant malgré ses vitres cassées et les plantes qui envahissent les interstices entre les briques, l’hôpital et son musée de la médecine aux bâtiments blancs, l’université sont autant de constructions vraiment belles. La ville possède une quantité impressionnante de musées, peu chers voir gratuits, et vraiment biens. En tant qu’infirmier nous allons bien sur au musée de la médecine, où nous aurons la chance de tomber sur une célébration avec danses folkloriques et petits fours! Nous ne sommes pas sur d’avoir le droit d’être là, mais nous en profitons tout de même!

Cuenca - extra finosL’autre gros attrait de Cuenca son ses chapeaux. En effet, le fameux panama que l’on aime tant chez nous ne vient pas du tout de panama mais d’Equateur! Il s’appelle en réalité paja toquilla, et était originellement fabriqué dans le nord ouest de l’Equateur. Lors de la création du canal de panama, une quantité phénoménale fut commandée pour protéger les ouvriers du soleil, et lors d’une de ses visites sur place, Roosevelt essaya et adopta le petit chapeau de paille, lui donnant son nom de «panama». L’activité fut délocalisée dans la région de Cuenca pour lui donner quelque chose à faire à une époque où elle sombrait et perdait peu à peu tout attrait économique. Ainsi les villages de Sigsig et Gualacéo alentour se spécialisèrent-ils dans la confection de ce chapeau. Une famille en particulier s’est distingué dans cette activité et à participé à l’exportation massive du chapeau : la famille d’Homero Ortega, qui possède un musée attenant à sa fabrique et son magasin à Cuenca. On peut y admirer la fin de la chaîne de production, à savoir le passage au souffre pour le blanchir, la presse à chaud pour lui donner sa forme et Cuenca - musée paja toquilla - moulin à souffreles tests de solidité. La visite se termine dans la magasin (pas folle la guêpe) où le candide badaud admire la bouche ouverte les splendides chapeaux qui s’y entassent. Bien sur il y en a pour toutes les bourses selon la qualité, mais comparé aux prix européens cela reste de toute manière abordable. En fonction de la finesse de la paille utilisée, les chapeaux se divisent en plusieurs catégories : les finos, est super finos, et les extra finos. Un super fino coûte en France entre 100 et 200 euros, si l’on en croit les sites de chapeliers que l’on a pu voir sur internet. Ici ils coûtent 50 euros! On craque donc et nous faisons plaisir avec chacun notre chapeau. Mais au fond de la salle se trouvent les trésors de la famille : les extra finos! La paille est tellement fine qu’ils semblent être fait de tissu, et le toucher est impressionnant! Mais bon là, même si c’est une bonne affaire, ça reste clairement hors de portée de nos bourses! Et puis c’est le genre de truc qu’on n’ose même pas porter par peur de l’abimer…

Cuenca - chapeau confection

 

Gualaceo - rive-3Avant de quitter l’Equateur, nous avons envie d’en savoir un peu plus sur l’artisanat de la région, qui semble très riche, et nous prenons un bus pour Gualacéo, où on nous a dit que se trouvaient des fabriques de chapeaux. Arrivés sur place, nous découvrons un charmant petit village au bord d’une rivière de montagne dont les rives sont des parcs agréables aux allures de parcs européens, ce qui est un peu dépaysant ici! En longeant la rivière on arrive à la maison des expositions, censée exposer l’artisanat de la région. C’est en fait un tout petit endroit qui ne propose rien d’exceptionnel… Bref, on mange au marché et partons pour Chordeleg, connue pour ses bijoux en filigrane. Et tout y est fermé!!! Les magasins de réouvrent qu’à Chordeleg - bijoux filigranne15h… En attendant, on se rend compte en demandant à droite à gauche que maintenant la plupart des bijoux sont créés en dehors de la ville, et que seuls quelques magasins font encore eux même les leurs. Nous finissons par en trouver un qui accepte de nous expliquer un peu la fabrication et qui propose de nous faire une petite démonstration. Les boucles d’oreilles, colliers, bracelets sont d’argent finement ouvragé et brillent joliment dans la lumière de cette belle après midi. L’argent provient de mines équatoriennes, un peu partout dans le pays, et une fois l’argent acheté, ils le fondent en fils très fin qu’ils torsadent par deux avant de les aplatir. Une fois aplati, on a donc une bande d’argent très fine avec un relief de petites boules sur les tranches : c’est en entortillant ce fil sur lui même qu’ils fabriquent ces bijoux de filigrane. La figure phare, dans ce domaine, est candonga, bijoux typique d’ici à la forme très particulière. La candonga aurait un sens très fort ici puisqu’elle représenterait le monde, avec le soleil et la lune, base de la dualité andine, avec basiquement l’homme descendant du soleil et la femme de la lune. Après, nous n’avons pas trouvé confirmation de cette histoire, c’est un bijoutier qui nous l’a dit… Donc bon… A Chordeleg se trouve également un petit musée, caché sur la place centrale, avec une candonga gigantesque et des objets racontant un peu l’histoire du coin.

Chordeleg - bijoux filigranne-4

Nous rentrons à Cuenca dans le soleil couchant, et arrivons à la fin de notre tour d’Equateur. Demain, c’est le départ pour Piura au Pérou!

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