12 Oct

Reserve de Chaparri

Chaparri - paysage-4

Aujourd’hui, nous avons décidé de passer la journée à Chaparri, une réserve privée qui protège la faune et la flore locale. Le combi passe nous prendre tôt le matin et nous nous mettons en route. Notre chauffeur, sympa, est très bavard et nous explique tout ce que l’on voit sur la route. Par exemple les herbes foncées qui envahissent de nombreux terrains, qui sont apparemment le signe que cette terre n’est plus cultivable à cause de sa salinisation : il est interdit dans cette région de cultiver du riz, car cela à pour effet de sursaliniser les sols, rendant son exploitation impossible. Et effectivement, on peut voir que même les bases des bâtiments récemment construits sont attaquées par le sel!

Chaparri - huerequeque

Chaparri - arbre vertNous finissons par arriver au village de la réserve, dans une zone désertique recouverte de plantes sèches : el « bosquet seco » (le bois sec, quoi). Ici tout paraît mort, les arbres n’ont pas de feuilles, les buissons non plus, et pourtant tout est bien vivant et reverdit instantanément à la première pluie! On y trouve des arbres importants pour leurs bois où leurs vertus. Ainsi on peut

on l'appelle là bas : le siège de la belle mère!

on l’appelle là bas : le siège de la belle mère!

voir l’algarrobo, arbre utilisé pour fabriquer l’algarobina, boisson censée rendre plus vigoureux. On rencontre également le fameux Palosanto, le cactus San Pedro hallucinogène, l’arbre Faiké au bois qui ne moisit pas dans l’eau… L’entrée au parc est payante, mais ici 60% des entrées sont reversés à la communauté, sous forme de l’école nouvellement construite en matériaux de recyclage ou du centre de soin à disposition gratuite de la communauté. Cet argent est également utilisé dans des projets de sensibilisation des autochtones vis à vis de leur terre, comme par exemple ne couper que des branches d’arbre pour se chauffer et non pas l’arbre en entier, ou bien à refuser les offres des grands pétroliers qui convoitent Chaparri - biche-2l’or noir sous leur pieds… Bref tout ça pour dire que c’est un plaisir de leur donner notre argent! Il est rare de trouver dans ces régions des projets aussi bien faits, ou du moins aussi bien vendus… La visite est vraiment intéressante, on découvre toute sorte d’oiseaux, depuis un tout petit tout rouge et noir – le vermillon flycatcher – jusqu’à un énorme dindon noir tacheté Chaparri - vermillon flycatcher-2de blanc symbole de la région, la pava aliblanca. C’est un oiseau que l’on croyait disparu jusqu’à ce qu’on l’aperçoive il y a de ça quelques décennies. Depuis, la protection du site lui a permis de croître et on en observera deux dans la journée. On aperçoit également une quantité phénoménale de renards, qui se baladent partout sans aucune peur de l’homme.

 

Chaparri - renard-11

Une biche croisera notre chemin, inquiète mais pas affolée. Le clou du spectacle, bien qu’un peu triste, est l’arrivée à l’enclos des ours à lunette. Ici les animaux recueillis sont placés en quarantaine dans des enclos pendant quelques temps avant d’être remis en liberté, mais pour un des deux ours à lunette la cage sera à vie. Il a été récupéré à un cirque qui le faisait danser sur des planches à clous (et oui, un ours ne danse pas tout seul pour le plaisir), et ils lui avaient arraché les dents pour s’assurer qu’il ne morde pas. Le pauvre bougre ne peut donc plus survivre seul en liberté et doit rester dans la sécurité emprisonnante de son enclos. C’est une histoire similaire que celle d’un gros cochon des bois, qui, recueilli enfant par un homme, a un jour voulu montrer qu’il était le patron et a mordu son maître. Ramené à la réserve, ils se sont rendus compte qu’il attaquait systématiquement les humains et a donc été remis en cage…

Chaparri - ours a lunette-16

Chaparri - table du chamanNous arrivons ensuite au niveau de l’ancienne hutte du chaman du coin, et nous asseyons autour d’une table recouverte de babioles en tous genres. Des céramiques, des bouteilles au contenu non identifié, des herbes sèches, des instruments bizarres. Au loin, au travers de la poussière levée par le vent, se dresse la montagne à la forme de visage, et notre guide nous raconte les légendes locales. Il nous montre aussi les appareils photos automatiques placés dans la réserve et qui ont permis de recenser de nombreux ours à lunettes et de prouver l’existence du puma dans cette région. Une photo assez marrante d’ailleurs, puisqu’ils ont placé devant l’appareil photo une branche imbibée de phéromones féminines, et que la photo nous montre un puma en train de faire un gros câlin à la branche!

Chaparri - lamas-10

C’est la fin de la visite, nous remontons dans le bus et sortons de la réserve dans un nuage de poussière brulante.

Quelques photos de plus : cliquez pour agrandir!

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