23 Oct

Arequipa, la ville blanche

Arequipa - coucher de soleil-2

Arequipa - ruesEt nous voilà à Arequipa, la ville blanche! Et elle porte bien son nom! Toute de blanc vêtue, ses bâtiments sont fait de sillar, une pierre volcanique blanche issue des gigantesques volcans qui la surplombent : le Misti, le Pichu Pichu (si, si, c’est vrai) et le Chachani, qui culminent tous au dessus des 5000 mètres. Selon la guide de notre « free walking tour », son surnom de ville blanche lui vient à l’origine de la forte densité de colons qui l’habitaient. Blanche pas tant par ses pierres que par ses occupants, finalement. Toujours est-il que la ville est charmante et recele quelques belles surprises, outre la vue magnifique sur la ville et le désert depuis le toit de notre hôtel.

 

Arequipa - cathédrale

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Arequipa - volcans

Arequipa - rues-5Au détour du museo andino, nous découvrons la princesse des glaces, une jeune fille qui a fait à pied le trajet depuis Cuzco jusqu’au volcan Ampato au sommet duquel elle fut sacrifiée. Un bien joli mot pour dire qu’on lui a payé une bière avant de lui coller un magistral coup de massue dans la tronche, le tout après plus de 580 kilomètres de marche. Bref, une fois sacrifiée, hop enterrée et on se barre vite vite avant que le froid ne retombe et que le glacier reprenne ses droit. Mais voilà, il n’y a pas si longtemps, l’Ampato est entré en éruption, et la glace fondant, les chercheurs se sont dit que c’était probablement le moment d’aller faire une expédition au sommet de cet imposante montagne sacrée. Et l’idée était effectivement excellente puisqu’ils y ont retrouvé le corps de la fillette, à peu près parfaitement conservé (les quelques jours qu’elle a passé dehors suite à l’effondrement de sa tombe l’ont un tout petit peu abîmée, mais ça reste vraiment Arequipa - ruesimpressionnant). On a donc devant nous un cadavre de plus de 1000 ans et dont la peau est incroyablement en bon état! Et le plus intéressant dans cette histoire, c’est que bien entendu ça a lancé une série d’expéditions similaires qui ont retrouvé en tout 18 momies dans les andes, dont 14 au Pérou. On retrouve donc le rapport disons… Particulier que pouvaient avoir ces bons vieux Andins avec leurs dieux. Même si pour le coup c’est vraiment le sacrifice le plus sommaire qu’on n’ai vu jusqu’à maintenant. On peut comprendre, ceci dit, qu’après presque 600 bornes à pieds et à plus de 5000 mètres d’altitude, on ne se fatigue pas trop avec le protocole. Pas d’chichi, pas d’blabla, du ré-sul-tat.

Arequipa - volcans-5

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Arequipa - monastère santa Catalina-28Suite à cette découverte pas du tout macabre, nous allons nous reposer au monastère Santa Catalina, pour une visite que nous prolongerons la nuit. L’endroit est absolument merveilleux. En tant que touristes, hein, parce qu’en tant que nonnes c’était pas jouasse à l’époque. Le christianisme avait sa manière à lui de sacrifier des vies. A douze ans, les novices intégraient le premier cloître dans lequel elles allaient passer de un à quatre ans. Habillées toute de blanc, symbole de pureté, elles passaient dans le second cloître après avoir fait leurs voeux et revêtu la robe noire, symbole de pénitence… Et là, ben ça rigolait plus, hein. Pour aller au parloir, par exemple, il fallait être deux, pour se surveiller mutuellement, tandis qu’elles parlaient à travers les denses croisillons de bois durant le court temps qui leur était imparti. Bonjour l’ambiance…

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Arequipa - monastère santa Catalina-12Le monastère sera détruit vers 1600 par deux gros tremblement de terres et leurs éruptions associées, puis reconstruit par les parents des religieuses. Vous vous doutez bien que les filles des riches parents aillant participé à la reconstruction du site vivaient d’un coup d’une manière bien moins austères que leur consoeurs pauvres… Elles avaient carrément leurs petite maison! Bon, l’égalité sera restaurée au 19ème siècle avec un retour à la vie en communauté, pas si terrible d’ailleurs puisque chaque nonne avait de une à quatre servantes, des esclaves noires jusqu’à l’abolition de l’esclavage. Hé! Y a pas d’raisons!

 

Arequipa - monastère santa Catalina-111

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Arequipa - cloïtre-2

Et la troisième surprise, la plus sympa, se situe un soir assez tard. Après un somptueux restaurant comme on n’en trouve qu’au Pérou quand on y met le prix (c’est à dire 20 euros, hein, faut pas déconner non plus), nous rentrons à notre hôtel et trouvons porte close. On sonne, on sonne, mais personne ne semble vouloir nous ouvrir. Les autres clients descendent voir et cherchent le patron mais le monsieur est introuvable… Nous sommes donc visiblement condamnés à dormir sur les escaliers devant la grille sous les regards contrits mais impuissants des autres locataires. C’est mal nous connaître, et ne reculant jamais devant l’adversité (enfin n’ayant pas du tout envie de dormir par terre, plutôt), nous tentons notre chance au petit restau d’à côté, pratiquement fermé : seul le serveur et trois habitués ivres morts sont présents. Après avoir expliqué notre cas et plissé nos petits yeux pour exacerber notre détresse, l’aimable serveur consent à nous prêter son échelle que nous montons sur son balcon pour atteindre les toits et pénétrer dans notre hôtel… Comme des voleurs! Nous dormirons dans notre lit, vous dit-on! Victoire! Et en plus nous faisons l’admiration des autres clients. La classe.

Mais la vie étant ce qu’elle est, je serais malade comme un chien le lendemain.

Arequipa - Marine et Guillaume-2

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