1 Fév

Puno et le lac Titi-Caca

Il est 9h30 et nous sommes dans le bus qui part d’Arequipa pour rejoindre Puno, sur la berge du lac Titi Caca. Le bus était censé partir à 9h, et il ne donne toujours aucun signe de départ. Les gens s’impatientent, et quand je dis que les gens s’impatientent, je n’exagère rien. Ici, au pérou, quand un bus est en retard, les gens tapent du pied par terre et du poing sur les vitres en gueulant des « VAMOS » retentissants, et si au bout de quelques minutes les râleurs sont parsemés et encore timides, au bout de trois quart d’heure on commence à se demander si le bus sera toujours en un seul morceau au moment de partir.

Puno

Après un long trajet au travers de l’altiplano (comprenez les hauts plateaux) Péruvien, nous arrivons à Puno, grande ville Péruvienne sur la berge du lac, à 3812 mètres d’altitude. La ville en elle même n’a rien d’extraordinaire, un joli centre historique entouré d’un enchevêtrement de parpaings et d’armatures qui pendouillent. Mais encore une fois, la fête bats son plein et les fanfares et danseurs virevoltent dans la rue sous les regards des badauds.

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Puno-2

Puno-3Mais le véritable intérêt de venir ici n’est point la ville, mais bien le lac! Plus haut lac navigable du monde avec une superficie équivalente à celle de la corse, son eau scintille jusqu’à l’horizon. Nous partons donc à la découverte des îles Uros, Taquile et Amantani sur un petit bateau en compagnie d’une quinzaine de touristes. Bref, nous voilà donc sur une des petites îles de paille qui constituent l’archipel des îles Uros. Oui, tout à fait, des îles de paille.

Uros

Uros-2En fait, l’île est fabriquée à partir de racines flottantes amarrées entre elles et surmontées de deux mètres d’herbe séchée. Bien sur, les bateaux et les habitations sont faites elles aussi de paille, et le tout peut durer jusqu’à une trentaine d’années, à peu près le temps d’en construire de nouvelles pour prendre la relève. Un mode de vie traditionnel qui subsiste encore aujourd’hui. Les habitants vendent le produit de leur pêche en ville pour ramener des produits de base, et bien sur le tourisme (c’est nous!!) est une part grandissante de leur revenu. Et donc comme on est des touristes, on a droit au petit spectacle : tous en rond, le chef du village nous explique avec notre guide comment sont fabriquées les îles, des petites anecdotes et blagounettes qui vont bien. Bref, le tour touristique classique, jusqu’à ce moment hyper embarrassant où nous nous retrouvons Uros-5sur un bateau de paille pour une petite balade, avec deux enfants du village qui nous chantent des chansons (dont alouette, petite alouette, puisqu’on est français). ça pourrait être mignon si le moment fatidique de la « quête » n’arrivait pas fatalement derrière… Et du coup, renfrognés, on assume nos convictions jusqu’au bout malgré les regards réprobateurs du capitaine du bateau et les petites mines choquées des enfants : nous ne donnons rien du tout! Tout rouge, nous assumons notre statut de « méchants gringos qui ne récompensent même pas d’une piécette des enfants tous mignons qui chantent faux une chanson en français pour leur faire plaisir.

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Taquile

Taquile-10Après avoir quitté les îles de paille, nous partons pour Taquile, petite île plus au large. Pour nous y rendre nous passons une sorte de détroit qui nous fais rentrer dans ce qu’ils appellent « le Grand lac ». Et effectivement, si jusque là nous savions que nous étions dans un lac, tout d’un coup, le ciel et l’eau ne font plus qu’un à l’horizon et l’impression d’être au bord de la mer est saisissante. Bon, si on exclue les glaciers gigantesques qui découpent une partie de l’horizon, hein.

Petit aparté, nous avons un guide très sympa, mais dont on ne sait pas trop si les allusions aux extraterrestres sont sincère ou juste pour faire rêver le touriste. Et à chaque anecdote étonnante, il nous assène un « No se lo que pasooo » lourd de sous entendus. Aaaah, heureusement que les extraterrestre nous ont sorti de la préhistoire, parce que sinon on n’aurait jamais été capable de rien faire par nous même, hein.

Taquile-3Bref, nous voilà à Taquile, charmante petite île recouverte presque entièrement par les cultures en terrasses, un petit village et deux temples. La petite île est extrêmement réputée pour son artisanat, et il y a effectivement de jolis tissus dans le petit marché artisanal, mais nos sacs sont déjà bien assez plein… Nous partons tranquillement nous balader dans cette petite île quadrillée de petits murets de pierres, de jolies arches sculptées et surtout entourée de l’incroyable paysage qu’offre à 360 degrés le lac titi caca et ses glaciers.

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Amantani

Amantani est la dernière étape de notre journée, et c’est sur cette petite île que nous allons dormir, chez Marlene, Rufina et Jose. C’est une jolie petite maison d’adobe avec vue sur le lac (il n’existe pas d’endroits desquels on ne verrait pas le lac, de toute manière). Les autres membres du tour sont répartis dans différentes familles, nous les retrouverons demain. En attendant, nous allons nous coucher dans une petite chambre douillette tandis que l’orage gronde dehors.

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Au petit matin, Marlene nous a fait des pancakes! Tout content de ce petit déjeuner, et désireux de rapprocher les peuples et de rigoler un bon coup, je propose de faire sauter les pancakes. Devant l’air dubitatif de nos hôtes, je prend la poêle, fait durer un peu le suspens, fais décoller d’un geste souple et sur la crêpe qui s’envole et tourne sur elle même avant d’atterrir, saine et sauve, dans la poêle. Magnifique démonstration, tour de force ahurissant, applaudissement général. Sauf qu’en fait, non. Tout le monde me regarde d’un air gêné, et malgré que ce soit intériorisé et en quechua, j’entend tout de même le « il est un peu con, lui, non? » qu’une personne moins éduquée n’aurait pas manqué de glisser à l’oreille de son voisin.

Essayage des ponchos et tenues traditionnelles de l'île!

Essayage des ponchos et tenues traditionnelles de l’île!

Nous allons ensuite voir un lieu sacré au sommet de l’île, avant de nous balader librement, au gré lent et tranquille de cette île paisible. Enfin, pour les touristes, car les habitants, tous paysans, sont déjà entrain de creuser la terre pour planter les papas, les ocas et autre.

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Sur le chemin du retour, Ruffina et Jose nous accompagnent sur le bateau, ils vont voir leur fille à Puno. Avec un sac d’au moins dix kilos de pomme de terres et de ocas précuites qu’ils grignotent tout le long du trajet (Et qui sont, excellentes, en passant), ils m’expliquent un peu leur vie, la culture des champs maintenant qu’une seule de leur fille est restée sur l’île, le panneau solaire offert par le gouvernement, les aller et retours en ville pour vendre les récoltes et acheter ce qui manque sur l’île, l’accueil des touristes qui leur permet d’arrondir les fins de mois… Ils n’ont qu’une inquiétude : combien de la nouvelle génération resteront pour continuer de faire vivre cette île?

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